jeudi 25 août 2016

Dix pour cent des couples souffrent d'infertilité

 

L'âge, le surpoids ou encore le tabagisme des femmes dont des facteurs de risque.
Près d'un quart des couples ne parvient pas à avoir un enfant après un an de tentatives sans contraception et plus de 10% n'y parviennent toujours pas deux ans après. C'est ce que révèle une étude de l'Inserm parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 21 février, consacré à l'environnement et l'infertilité.
Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont suivi deux populations de femmes. Les unes, 14.187 Françaises ayant accouché dans l'ensemble des maternités publiques ou privées (enquête périnatalité), les autres, 867 femmes de 18 à 44 ans ayant des rapports sexuels réguliers sans contraception et recrutées de façon aléatoire (Observatoire épidémiologique de la fertilité en France, réalisé 2007-2008), régulièrement interrogées sur le délai écoulé sans grossesse depuis l'arrêt de la contraception.

Un phénomène en progression

Ainsi, il apparaît que 26% des femmes ayant accouché sont tombées enceintes dès le premier mois, soit environ un quart, mais 32% des grossesses sont survenues plus de 6 mois après. Parmi elles, 18% ont attendu un an et 8% ont patienté deux ans. Les chiffres de l'Observatoire sont un peu plus pessimistes mais probablement plus proches de la réalité puisqu'ils permettent d'inclure les couples non recrutés en maternité qui n'auront jamais d'enfant et abandonnent leur projet parental. Ainsi, 46% des couples n'ont pas obtenu de grossesse 6 mois après l'arrêt de la contraception, 24% après un an et 11% après deux ans.
Au final, un couple sur quatre à un couple sur six doit donc patienter au moins un an pour avoir un enfant. L'infertilité est-elle en progression? Difficile de le dire, par manque de données antérieures. Cependant, plusieurs études suggèrent une augmentation des problèmes de fertilité dans le monde et en France au cours des dernières années. Cela peut-il être lié à la baisse du nombre de spermatozoïdes évoquée par certaines études?

Facteurs environnementaux

En France, la qualité du sperme des donneurs baisse dans certaines régions comme Paris. Et diminue également chez les partenaires de couples faisant appel à l'assistance médicale à la procréation sur la période 1989-1994, particulièrement chez les hommes nés après 1950. Il faut cependant rester prudents sur l'interprétation de ces données, selon le Dr Joëlle Belaïsch-Allart, chef du service de fertilité au centre hospitalier des Quatre Villes (Sèvres, 92): «Les normes de qualité du sperme ont changé depuis 2010, explique-t-elle.
Face à l'augmentation importante du nombre de spermogrammes considérés comme anormaux, l'Organisation mondiale de la santé a fixé de nouvelles normes à partir d'échantillons d'hommes fertiles. Aujourd'hui un spermogramme présentant 15% de spermatozoïdes typiques est normal alors qu'il y a quelques années, il en fallait 60%!».
Malgré tout, des facteurs comportementaux et environnementaux sont de plus en plus suspectés d'affecter la fertilité. «Chez les femmes, l'âge plus avancé, le surpoids ou encore le tabagisme pendant la grossesse ou non sont des facteurs de risque bien démontrés», tranche Joëlle Bellaïsch-Allart. Et des soupçons pèsent sur certains métaux lourds comme le plomb, des polluants organiques persistants, des perturbateurs endocriniens comme le bisphénol pendant la vie intra-utérine ou après la naissance, des composés perfluorés ou encore la pollution atmosphérique (fumée de diesel, etc.).

Un problème de santé publique et de société

À ce titre, instaurer un suivi de la fertilité des couples dans le temps pourrait servir de fonction sentinelle, témoin de l'impact sanitaire des modifications de l'environnement ou des comportements. Pour les auteurs de l'étude, il serait pertinent pour la santé publique en tant qu'indicateur de santé mais également pour prévoir l'évolution de la demande en terme de procréation médicalement assistée».
L'Observatoire épidémiologique de la fertilité montre par exemple que près de 10% des femmes consultent pour infertilité après un an de tentatives infructueuses. «Ce travail pourrait être le point de départ d'un tel suivi», estime Rémy Slama. Selon lui, un système de surveillance de la fertilité pourrait reposer sur des études de population comme celles-ci, en complément du suivi de facteurs biologiques de reproduction féminin et masculin (taux d'hormones, qualité du sperme, etc.) afin de tenir compte de l'ensemble de la population en âge de procréer et pas seulement des couples désirant un enfant.
Désormais c'est aux pouvoirs publics de décider si le fait que près d'un quart des couples n'ait pas d'enfant au bout d'un an est un problème de santé et de société et si ce suivi est nécessaire.
Source:
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/02/20/17425-dix-pour-cent-couples-souffrent-dinfertilite 
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